26.05.2007

"Mes films traitent de l'ambiguité de la nature humaine"

Interview pour "Metro"

Qu’est-ce qui vous a donné envie de repasser derrière la caméra ?
Comme naturellement. C’est un état qui me plaît. J’aime ça et j’ai l’impression que dans la réalisation, je le réalise moi, concrètement. Plus, en tout cas, que tout ce que j’ai connu dans ma vie. Ça remplit toutes mes cases, quoi.
 
C’est un scénario assez complexe, assez original…

Merci, pour moi c’est un compliment ! (Rires) Les thrillers sont toujours un genre un peu complexe parce qu’il faut jouer avec les informations, avec le mystère, avec le suspense. Et puis aujourd’hui, le public est très éduqué, il a vu beaucoup de choses. Pour les suspendre à votre cou, déjà il faut arriver à être malin. C’est un genre très très particulier, très difficile. Les idées, elles viennent de tout, de partout, de la vie, quoi. L’idée, elle est dans un hôtel parce que dans un hôtel, il y a forcément eu un meurtre un jour. Je suis sûre que dans tous les hôtels il y a eu un meurtre ou quelque chose d’autre. L’idée part de là, elle se dit : « Qu’est-ce qui se passe derrière cette porte au fond du couloir ? » On est déjà dans un suspense quand on est dans un hôtel, quand on rentre le soir tout seul dans le couloir. C’est plein d’histoires… C’est une suite d’idées qui s’accrochent les unes aux autres comme une locomotive, comme un train.
 
Est-ce que vous redoutez les critiques ?

Oui, forcément. Je mentirais si je disais non. Je me dis qu’il faut que je me protège contre ça, il ne faut pas que je les lise ! Bon, on vit dans un monde libre, on a le droit de s’exprimer. Du moment où on s’expose à faire quoi que ce soit, il faut s’attendre à être critiquée. Pourtant, ce ne sont pas les critiques qui vont faire changer les choses. Ça peut faire du mal, ça peut vous heurter. Ce qui compte c’est que ça ne vous empêche pas de faire des choses. Ça c’est le plus important. Maintenant le film va sortir, ça y est il est parti, quoi. Moi ce qui m’intéresse, c’est le processus de fabrication des choses. J’adore ! Je n’ai pas à parler, je n’ai pas à m’expliquer sur les choses, je les fais, vous voyez ? Et ça c’est très jouissant. Ça me protège du reste du monde aussi. C’est une fuite, un petit peu, on n’est pas obligés d’affronter la réalité. Après, on l’affronte… mais un monde en soi qui est merveilleux.

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12:45 Publié dans interview | Lien permanent | Commentaires (0) |

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